Aux temps jadis, il y eut tout d’abord LA geste qui fleurait bon les exploits médiévaux.
Le terme était féminin et le garant du souffle de l’épopée (de chiffons, de cire, de son… au choix !).
De nos jours, le rouleau compresseur du masculin est passé aussi sur ce mot.
Notre époque – surtout celle de ces derniers mois – est certes restée « épique », mais pour d’autres raisons.
LE geste s’est fait pluriel. Il est devenu LES gestes.« Gestes barrières » essentiellement.
En effet, finis les « gestes déplacés » puisque l’on ne peut plus vraiment se déplacer !
Les « frontières » que l’on a cherché à abolir, au moins au niveau européen, sont aujourd’hui revenues au plus près de nous et de ce qui nous entoure. Quelle belle trouvaille que ces « gestes barrières » qui sonnent comme des « vade retro ! » et appellent à une défiance généralisée envers autrui !
Pour ma part, je pencherais de préférence pour le « geste-clôture ».
Le « geste-clôture », qu’est-ce donc ? C’est très simple. Il suffit d’avoir des voisins.
Là, évidemment, celles et ceux qui vivent au milieu d’un parc de 20 hectares seront défavorisé(e)s.
Bref, vous vous approchez de votre limite de propriété avec une bouteille à la main, vous suggérez à vos voisins d’aller chercher des verres (vous aurez pris soin d’emporter les vôtres), et vous jetez un sort à cette bouteille ! Chacun(e) de part et d’autre de votre muret, grillage, etc… Et vous papotez ensemble autour de cette convivialité retrouvée qui fera que vous resterez des humains.
Adoptez le geste qui sauve de la pétoche ambiante, optez pour le « geste-clôture » !
 
 
Tonton Albert (8 mai 2020)
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