Invités du mois

Quelque temps avant le début des années 2000, le bourgmestre en chef de Ganymède (un faubourg de Jupiter) envoya ses deux meilleures élémentes sur Terre pour une petite invasion incognito. Les deux susdites s’aperçurent très vite qu’elles étaient en état d’infériorité, et plutôt que de coloniser, coincées qu’elles étaient en terra incognita, elles se mirent en devoir de mettre de la couleur et de la beauté sur notre misérable planète. Car elles n’étaient pas totalement méchantes. Le Castor, qui n’était pas né de la dernière pluie (mais bien avant, houlà) les repéra et les traîna sur cette plateforme pour les sommer de s’expliquer, non mais.

Voici Julie et Lise.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mesdemoiselles les extraterrestres, bonjour et bienvenue dans l’Espricerie.  Julie, l’aînée, et Lise, la petite sœur, installez-vous, mettez-vous à l’aise. Un thé, Julie ? Et toi, Lise, un bol de lait avec des céréales ? Faites comme chez vous (mais n’oubliez pas que vous êtes chez nous^^)

Lise : Bonjour, et déjà merci beaucoup pour l’invitation ! (on a ramené des biscuits, servez-vous). On n’a pas vraiment l’habitude d’être sous les feux des projecteurs ; mais c’est un grand plaisir d’être conviées à l’Espricerie ! 🙂
Julie : Merci pour cette invitation ! (Très bon, ce thé !)

 

Castor : Alors, la genèse : Lise, quand as-tu fait ton premier dessin, je veux dire le premier dont tu étais très fière (et je ne veux pas entendre : « dès que je suis tombée du berceau », OK ?) ? Il est où, ce dessin ? Fais voir. On va le dater au carbone 14.

        « Dès que je suis tombée du berceau, OK ? ». Pardon, je blague ! C’est difficile, je ne pense pas pouvoir citer un dessin en particulier… Mais c’est une lente évolution vers quelque chose qui, à force de gribouille, petit à petit, devient davantage satisfaisant ^^.  Aux alentours de 14 ans, il y a clairement eu un déclic (la crise d’ado ?). Par contre, je ne fournirai pas les pièces à conviction : ça pique un peu trop les yeux, et je ne tiens pas à encombrer le service des urgences ophtalmo ! (rires)                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                        

Une illustration, que nous avons offerte à un gagnant de tirage au sort sur notre blog. Elle est faite à quatre mains : personnage au premier plan by Julie, décor by Lise. (tout stylo-bille).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Castor : Julie, le premier truc que j’ai vu de toi m’a un peu estomaqué, il s’appelait Meringue, et représentait une femme en costume arborant une coiffure à six étages. Jusqu’alors, je pensais que Lise était la seule extraterrestre du coin à savoir dessiner. Qu’est-ce qui t’a donné envie de manier le crayon (aussi bellement) ?

 

          Ha, oui, Meringue ! La fameuse tueuse de crayon rouge… J’ai toujours dessiné, je crois. C’est donc difficile de savoir ce qui m’en a donné envie ! Par contre, il y a eu un tournant important vers mes 12 ans. Avant, je dessinais, mais je trouvais mes réalisations assez moches. Un jour, notre grand frère m’a proposé de lire un manga, qu’un ami lui avait prêté (Ben, Maxime, spécial casdédi !). Ce fut une révélation ! Le dessin me paraissait à la fois tellement simple et tellement percutant ! Jusque là, je lisais bien des BD (Gaston Lagaffe, Spirou et Fantasio…), mais j’avais envie de dessiner des filles. Là, j’avais sous les yeux des guerrières badass belles comme des princesses. Et même les personnages masculins me donnaient davantage envie de les dessiner. Je n’ai jamais apprécié recopier mais là, je devais le faire pour apprendre. Alors j’ai commencé à faire une page avec uniquement des yeux, que je pensais être mon point faible. Puis des nez, puis des bouches, parce qu’en fait, j’avais plein de points faibles. Et ensuite, j’ai essayé de les associer à ma façon. Mes progrès ont été assez rapides à cette période : plus je dessinais, mieux je dessinais, et mieux je dessinais, et plus j’avais envie de dessiner… Le vrai début, quoi.

Meringue, qu’on ne présente plus ! (crayon, aquarellable ou non)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Castor : Lise, tu as sabordé (à ma grande satisfaction, j’ai honte) tes études scientifiques, où tu excellais, pour te tourner vers le littéraire (tu as maintenant, sauf erreur, une licence de Lettres, et un Master de Littérature Jeunesse). Des regrets ? Ce choix est-il plus raccord avec les ptits miquets dans les marges des cahiers ?

               Tu ne fais pas erreur, tout est juste ! Pas franchement de regrets : je me suis rapprochée des livres, ces copains qui m’ouvrent des portes sur l’imaginaire, et qui m’ont tant donné envie de dessiner et d’écrire mes propres histoires.Bon, c’est vrai, j’aurais pu tenter des études artistiques, et ça, ça reste LA grande question (D’ailleurs, pour Julie un peu aussi je crois).Mais il y avait la peur bête de se lancer à 100% uniquement dans les ptits mickeys, peur en partie -malheureusement- à cause de la précarité du milieu (soutien total à #AuteurEnColère !).Mais trêve de ronchonneries existentielles ! ^^  A côté de ça, je reste fan de sciences en dilettante, et Julie la physicienne est là pour partager avec moi les mystères de l’intrication quantique !

Julie : Holà, physicienne, c’est vite dit… u_u’  Sinon, je ne regrette plus pour les études artistiques que je n’ai pas faites. Par contre, j’aimerais bien faire entrer une plus grande part artistique dans ma vie professionnelle à l’avenir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Castor : allô Julie, ici Huston, votre site « L’orée des mondes » ne répond plus, confirmez, à vous ! Avez-vous renoncé à proposer vos petites merveilles (j’avais vu à l’époque, c’était superbe) sur les marchés ?

             

 

 

               Aïe ! Tu déterres un cadavre, là, Castor ! Effectivement, j’ai arrêté. A l’époque, je travaillais en collège ZEP et j’avais vraiment besoin de faire autre chose. Comme j’ai toujours pas mal d’idées, et envie de faire quelque chose de mes seize doigts, j’ai tenté ça. Mais ça demande énormément de travail pour avoir une production conséquente, trouver des salons (essuyer des refus…), faire les salons tout le weekend… Même si j’ai pris un temps partiel à l’époque, je n’avais pas suffisamment de temps et d’énergie pour le développer. ça partait un peu dans tous les sens… au final, ça m’a permis de me rendre compte qu’il fallait que je me recentre un peu. Et sur quoi ? Sur le dessin, évidemment, sur les histoires que j’ai dans la tête.

 

Castor : Les sœurettes, oui, vous, là, les deux ensemble : vous avez publié un concept de BD original avec « Délicieux macchabée ». L’une de vous dessine une planche, et l’autre répond par une nouvelle page, il y en a 20 comme ça, en alternance, c’est excellent : Délicieux macchabée, sur « l’Atelier des Graines d’Orland ». Vos styles sont tellement complémentaires que cette création présente une homogénéité incroyable. On y trouve aussi votre BD plus sérieuse, « Sur le pont de la gare », avec les remarquables paysages urbains dus à Julie. Elle est achevée (la BD, hein), et on n’en peut plus de ne pas pouvoir la lire. Vous pensez la publier avant que le Castor clabote de vieillesse ?

 

 

 

 

Lise : Ha, le « Délicieux macchabée » ! Tu es allé fouiner dans les archives !!? Moi qui croyais que personne ne lisait nos vieux articles x). On l’aura deviné, notre but était de faire un cadavre exquis en BD. C’était toujours très drôle, au moment de se faire découvrir nos nouvelles planches l’une à l’autre. Désolées, on a mis ce projet en stand-by en plein vol. En partie par manque de motivation à continuer une histoire sans queue ni tête, et en partie par le sentiment de perdre nos rares lecteurs avec nos délires dessinés…Mais c’est une expérience très marrante !

 Julie : Bon, en fait, préparer cette interview m’a donné envie de le relire, et le relire m’a donné envie de reprendre ! ^__^’ C’est vrai, c’est un peu (complètement ?) décousu, pas toujours cohérent, mais je suis attachée aux personnages, et surtout… J’ai trop envie de savoir la suite !!! (véridique !) La dernière planche date de quand j’ai fait ma première rentrée en lycée, de quand je me suis mariée, de quand on a commencé à chercher une maison… La balle était alors dans mon camp, et j’avais largement de quoi m’occuper ailleurs… Je vais réparer ça.

Lise :  « Sur le Pont de la Gare », c’est une courte nouvelle en BD, de 16 pages, réalisée complètement à quatre mains, lorsqu’on pouvait se voir.
C’est l’histoire d’un jeune artiste rêveur mais désillusionné, dans une ville en pleine révolution industrielle. Il fait une rencontre… particulière, qui va bouleverser sa vie (quel teasing !). La BD est effectivement terminée, mais… Je plaide entièrement coupable, je traîne beaucoup à finaliser les planches (mise en page au format numérique, toussa…).

 Julie : là, je ne te contre-dirai pas, la balle est cette fois dans ton camp, Lise ! 😉

Castor : Lise, quelle technique parle le plus à ton cœur, aquarelle, crayon de couleur, tablette graphique, charcoal sur les parois de ta grotte ?

       Ma technique préférée, je crois que c’est le dessin au crayon à papier, puis la couleur au numérique. J’aime aussi beaucoup le stylo-bille, pour les croquis simples et rapides. Et les feutres à encre noire, même si ça fatigue rapidement la main. Et l’aquarelle. Et les crayons de couleur. Bref.

 

 

 

 

Castor : Julie, même question que ci-dessus (j’aurais pu faire un copier-coller, mais ce n’est pas très pro). (En même temps, je suis pas un pro). (Ni un journaliste). (Chuis un xylophage qui aime le bouleau bien fait).

    J’aurais presque pu faire un copier-coller aussi, je ne suis pas pro non plus ! Non, il y a quand même quelques différences : même si je place le crayon à papier en premier, comme Lise, elle préfère les pieux taillés à la hache, et moi les critériums bien affûtés, d’où notre logo de l’Atelier des Graines d’Orland. La tablette graphique m’a pas mal attirée à une époque (vive le Ctrl Z !), mais j’ai de plus en plus de mal à rester assise devant un écran… (Ce qui n’aide pas pour la tenue du blog !). Sinon, gros gros coup de cœur pour le stylo-bille. Pour la couleur, crayons aquarellables ! (La peinture, c’est long et difficile >_<) Après, j’aime varier les supports : planches de récupération, mur du salon…

 

Le logo ! Le logo !!

 

 

Castor : Lise, tu as illustré un merveilleux petit livre pour enfants, « Pims la baleine ». Un bel objet, très vite épuisé, hélas, et aucune chance de réédition, si j’ai bien compris. Avec un tel CV, vas-tu pouvoir assiéger les éditeurs Jeunesse pour les illustrations, ou vas-tu te lancer à corps perdu dans la bande dessinée-album ?

       Merci pour les compliments !! La réédition risque effectivement d’être assez compliquée… C’était un projet universitaire, réalisé en collaboration avec 4 étudiants de filière édition/communication. Leur travail : écrire l’histoire, mettre en page, imprimer et promouvoir le livre. Mon job : illustrer (et participer un peu à l’histoire). On a tout bien fait approximativement dans les règles, avec un contrat d’édition qui partage donc les droits en cinq, le tout chapeauté par la fac… Un sacré gloubi-boulga !

Depuis, j’ai eu une autre publication « pro », aux éditions Didier Jeunesse. Ce sont des cartes géographiques, en préface des romans Roslend de Nathalie Somers (tome 2 déjà sorti, et le 3 à paraître). Rien de très spectaculaire, mais quelle joie de découvrir le roman en magasin ! \o/ Peut-être que je devrais effectivement continuer d’embêter les gens avec mes dessins… ? ^^
Julie : En fait, ce qu’elle ne dit pas, c’est qu’elle a un projet dont le scénar est bien ficelé de A à Z, avec des persos super sympas,. et qu’elle n’avance pas sur la réalisation ! Mais ça, c’est classique chez les extraterrestres, alors je ne juge pas… 

 

Castor : Votre espace de dessin et blog commun s’appelle : « Atelier des Graines D’Orland ». Ça fleure bon l’Heroic Fantasy et les décoctions sauvages, et les lecteurs -les vilains curieux- vont nous demander de quel univers fantasmagorique vous avez ramené ce titre. Ça tombe bien, j’ai les moyens de vous faire parler.  Julie ?

       Ha ! Non ! Pas la petite cuillère dans le nez ! Promis, je dirai tout !
(son nasillard)
Outch. Heu… On a mis pas mal de temps à se décider. On voulait quelque chose de simple et de facile à retenir, mais… enfin… Voilà. Pour commencer, l' »Atelier » était une évidence. Un lieu où l’on travaille, où l’on crée. Ensuite, les « Graines »… ça se complique. Parce qu’on aime la nature et s’occuper de nos petites plantes ? Parce qu’on aime dessiner directement assises par terre, au contact du sol ? Parce qu’on se sent minuscule et qu’on espère grandir vers le Soleil ? Un peu tout ça à la fois, je crois. Enfin « d’Orland »… Il y a quelques années, pour quelque obscure raison (non, pas l’alcool !), nous avons eu un fou-rire autour du prénom Roland -toutes nos excuses à tous les Roland du monde d’ailleurs !- Et de Roland à Orland, il n’y a qu’un pas. Ça sonnait bien, comme le nom d’une terre lointaine flottant au milieu des nuages. D’ailleurs, suite à cette histoire, nous nous amusons à glisser un Roland dans chacun de nos projets ! (Le retrouverez-vous sur la première planche de SPG…?).
Dis, Castor… Tu pourrais enlever cette cuillère maintenant, s’il te plaît ?

*schlorrrp*

Castor : voilààà !

Merci, les sistas, c’était grand de vous avoir parmi nous. Du coup, on ne vous fera pas payer le thé et les céréales, heureuses veinardes !

Bises.

Les liens :

http://ateliergrainesdorland.blogspot.fr/

https://fr-fr.facebook.com/LOreeDesMondes/

http://ardelise.blogspot.fr/

http://www.feerique.fr/

Twitter Lise

 

Quelques travaux de Julie :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques travaux de Lise : 

 

 

 

 

 

 

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