En rayons

Au gré de Wikipédia,
Je me suis retrouvée
Devant un attentat,
Qui m’a interpellée.

J’ai ouvert son onglet,
J’ai découvert un gouffre
Où des lieux défilaient
Passant sur ceux qui souffrent.

Que des lignes d’endroits
Seulement ponctués de dates,
Qui ne faisaient état
Que de la dureté de l’acte.

Et cette liste s’étendait,
Sous mon doigt devenu arme,
Dont le mouvement ressemblait
Au recueil d’une larme.

J’ai voulu composer,
J’ai espéré chanter
Mais ma voix s’est bloquée
Devant l’atrocité.

On ne compose pas avec l’horreur.

Cette liste est trop longue
Qui ne parle que de bombes
Rien que d’en redescendre
Donne le goût des cendres.

L’œil suit sa décadence,
Le doigt lui, la molette,
A une telle cadence
Que j’en reste muette.

Tant de cibles différentes
Pour tant de pays visés,
Cette haine si récurrente
Ne sait que décaper.

Elle voudrait nous saper
Et sait où nous frapper
Pour pouvoir arriver,
A nous faire asphyxier.

J’ai voulu composer,
J’ai espéré chanter
Mais je ne peux trouver
Les mots pour en parler.

On ne compose pas avec la peur

Et le troupeau grandit,
Enfanté de la connerie,
De combattants brebis
De l’aïd qu’on sacrifie.

Devant ce tsunami,
Je ne peux qu’être vague.
Les mots sont sans appui
Confrontés à ces dagues.

Et pourtant leurs actions
M’ont un peu inspirée.
Paradoxe quand on sait,
Que c’est ce qu’ils voudraient tuer.

Oui, cette inspiration
Dont s’exhale la vie
Peut bien nous délivrer
Du joug de leur tyrannie.

J’ai voulu composer,
J’ai espéré chanter,
Et j’ai réalisé
que c’est ce qui m’a sauvée.

On ne compose pas avec l’horreur,

On ne compose pas avec la peur,

Mais on ne se décompose pas face à des tueurs.

Stéphanie DHOLLANDE

(Si vous voulez participer au chœur final (en italique) avec Philippe, Véronique et Yves, enregistrez-vous sur votre intelligenttéléphone et envoyez le petit fichier à lespricerie@gmail.com)

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