L’épisode précédent, c’est ici —>

Le Qahouadji (1) était un homme jovial, actif, plein d’entrain et de finesse à qui rien n’échappait des petits et grands travers des uns et des autres. Il n’en faisait pas grand cas. Tout au contraire il savait se moquer et faire rire sans être blessant si bien que la terrasse de son café, toujours très  animée, ne désemplissait jamais. Et puis,  bien avant que les roumis ne découvrent la route des Indes, il  servait déjà le meilleur café importé d’Extrême Orient par les soins d’El Bazar.

 – (1) « Qahouadji » : Garçon de café  –  « Qahoua »: Café

La conversation roulait autour de la table et déjà, tous avaient oublié la roublardise d’El Bazar qui se montrait même aimable envers son adversaire. El Zeimer quant à lui était certes soupe au lait mais pas rancunier, juste un peu naïf, rien de plus … Mais …

 

… Mais des cris et vociférations venus de l’autre bout de la place vinrent soudain  troubler le Chaouch et ses amis. On n’est jamais assez prudent quand on se mêle à la foule. Inquiets et superstitieux ils en étaient déjà au point de multiplier gestes et paroles de conjuration afin de chasser  le Mauvais Œil.

Chers lecteurs,

vous allez pas encore râler parce que ça ne vient pas assez vite ! Non ?

Si ?

Tant pis, mais alors, vous allez devoir vous farcir un petit, tout petit et  très condensé, résumé des étapes de fabrication de ce dessin.

Pendant que vous serez occupés, je serai tranquille pour mijoter la suite: laisser venir l’inspiration, tourner et retourner l’idée, la faire germer et prendre forme, tout ça dans la douleur et la souffrance … (Ben oui! Vous connaissez ça mesdames, non ?) … Alors ?

… Alors vient l’Heure où je peux me mettre devant mon ordinateur :

Au commencement, un gribouillage, une vague idée, quelques collages de précédents dessins pour tenter de reproduire les personnages dans des positions allant de un peu à très différentes. Il peut y avoir 2 ou 3 gribouillages comme celui-ci auparavant. . Des fois je me perds.

 Ensuite, dessiner les personnages un par un. Chaque personnage nécessite 4 ou 5 reprises pour corriger les fautes et trouver le geste ou l’attitude qui convient. Pour ne pas m’y perdre, je fais chaque reprise avec un trait de couleur différente. Mais des fois je me perds encore un peu quand même. Quand le trait est bon, je détruis les calques précédents et je pose les couleurs. Quand plusieurs personnages d’un même plan sont terminés, je les regroupe et je passe au plan suivant.

Il ne reste plus qu’à coller tout ça sur le décor que j’ai gardé de côté et meublé  de quelques groupes de personnages tirés de dessins précédents, un peu modifiés dans leurs positions et leur taille. Riko repérait tout de suite ce genre de pratique fallacieuse et commentait d’un « Rhôôô ! Je t’ai vu ! C’est pas biennn ! » réprobateur.

Peut-être que vous arriverez à les repérer, ça ne doit pas être trop difficile

Ach ! Pas de chance, la place est déserte !

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