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Le Chaouch aimait par-dessus tout  cet endroit plein de mouvement et de vie où il pouvait assouvir sa soif de potins auprès des voyageurs venus du monde entier.

Le jeu d’échecs était très prisé par les Bagdadi. Autour des cafés et fondouks ouverts sous les voutes fraiches et ombragées de Bab El Djila  ils étaient nombreux à venir voir s’affronter les meilleurs joueurs de la ville, les encourager, prendre parti, miser sur leur favori, se quereller. Le Chaouch ne manquait jamais le détour.

Un jour parmi les jours, il trouva El Bazar qui disputait une partie fort serrée avec El Zeimer le Marin, un grand diable jovial mais susceptible et sans un dirham en poche, qui pour lors, n’ayant pas de navire, vivait d’expédients  et de ses maigres  gains au jeu d’échecs.

 El Bazar se montrait toujours sous un jour modeste mais il était certainement, nul n’en doutait, le commerçant le plus riche de Bagdad. Il était en effet bien connu sur la place pour sa roublardise qui n’avait d’égal  que sa hardiesse et son absence totale de scrupules en affaires.

El Zeimer quant à lui n’était pas un esprit calculateur mais n’en était pas moins redoutable d’intelligence au jeu d’échecs. Peut-être pensait-il battre son adversaire et en tirer un peu plus que quelques pièces de menue monnaie.

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