En rayons

Détail d’une peinture de notre invité, Robert Tatin

 

Il aime les gens. C’est comme ça … Du plus loin qu’il se souvienne, il a toujours eu ce penchant humaniste chevillé à l’âme.

Il donne. Sans relâche, il donne. Sans distinction d’âge, de sexe ou de rang, lui, il donne.

 

Que quelqu’un veuille parler d’une expérience, d’une maladie, d’un vécu, aussitôt il reprend la main pour offrir généreusement son expérience.

Qu’un quidam lui fasse part d’une lassitude, d’un souci, aussitôt il lui insuffle des conseils adaptés, qu’il a lui-même testés : des respirations, des postures, tous ces petits riens qui peuvent faire beaucoup.

Il partage autant qu’il le peut ce savoir que la vie lui a offert de connaître.

Parce qu’il aime les gens, comme il dit.

 

Il croit en l’humanité aussi. Elle est si belle …

Quelque part, il faut bien avouer qu’il serait peut-être même un peu anarchiste !! Mais attention … Pour que l’anarchie survive, il faut des règles ! Les gens ont tendance à tout mélanger (ce n’est de leur faute, les pauvres, ils ne savent pas, c’est tout) …

L’anarchie, c’est d’abord le respect de l’autre, et de l’abandon de son individualité au bénéfice du plus grand nombre ; et pour que cela puisse fonctionner, il faut donc que cette individualité soit encadrée par des règles strictes. Car la vie est un grand terrain de jeu où, pour s’amuser en harmonie, il faut d’abord se contraindre.

Et alors, vraiment, comme l’humanité est belle …

 

Oh bien sûr, cela le contrarie un peu d’avoir si peu de retours d’affection. Mais ça ne fait rien, les gens, il les aime quand même. Par postulat.

 

Souvent, il perçoit même des agacements, plus ou moins formulés, il sent monter des exaspérations. Pourquoi les gens sont-ils donc si étranges ?

Il est vrai qu’il ne les comprend pas souvent. Il est si candide, se répète-t-il à l’envi …

La candeur, c’est aussi un postulat : donner pour donner,  mais ne rien attendre en retour, c’est son crédo, c’est son karma. C’est sa croix ?

De ces gens qui le somment de se taire, il est la victime fière, il leur oppose humblement  la grandeur de sa magnanimité sans faille, des mots d’amour et de paix, et il s’emploie à les plaindre de n’avoir pas pu atteindre sa hauteur de vue.

 

Parce qu’il croit avec ferveur dans la bonté intrinsèque de l’homme, il continuera à être cet homme lumière qui sait si bien offrir, au-delà de ce qui lui est demandé,  il continuera à partager, au-delà de ce qu’il ne peut entendre chez l’autre, il continuera à ne pas comprendre la rage ou l’agressivité, il continuera à ne pas se remettre en cause (comment cela se pourrait-il ?), il continuera à être ailleurs, à côtoyer sans en être, ces groupes d’électrons libres qui ne savent pas toujours sa valeur (mais qu’importe puisque lui la connaît) …

 

Oui, il est philanthrope, et ça, il le sait.

 

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