Paris le 30 Novembre 2019

Cher ami,

Ça y est, nous y sommes ! il semble que le contenu des tablettes vise à nous prévenir du danger qui nous menace… Mais qui est donc cette fameuse entité ? Nous n’en savons guère plus. Pourtant le contenu des tablettes ne peut être l’objet d’une quelconque manipulation… Nous avons toujours de par le passé (ancien ou proche) eu à lutter contre des maux terrifiants : de la peste en passant par la grippe dite Espagnole et autres (je ne vais pas ici vous faire la liste de toutes les épidémies de ces dernières années !)  Mais à présent il semblerait que nous allons avoir affaire à une nouvelle vague encore plus inquiétante :  

 Il est question d’un « virus mystère » et de 44 cas de personnes touchées, dont 11 « graves ». Ces premiers cas sont signalés à Wuhan, une ville de 11 millions d’habitants, située dans la province du Hubei (Chine). Le virus serait apparu sur un marché aux poissons et animaux sauvages. Des informations ont révélé que le tout premier cas, un patient de 55 ans, remonte au 17 novembre 2019. Il s’agirait d’une variété de corona encore appelé Sars-CoV-2…*1

Les scientifiques semblent, avoir identifié certains hôtes – la chauve-souris *2 et le pangolin… Souhaitons que ce nouveau fléau ne s’étende pas trop, mais avec les déplacements internationaux liés à la mondialisation il y a de quoi être inquiets !

*1   Pas de lien avec l’homonyme « virus politique » que nous avons subit en 2007 !

*2  Saviez vous que l’anagramme de « CHAUVE SOURIS » donne « SOUCHE A VIRUS »

Sixième tablette, découverte dans le Hoggar (sur le versant sud du Tahat.) Traduction approximative

J’ai prévenu les Humains de ce qui risque de les détruire s’ils ne se montrent pas « raisonnables », s’ils ne respectent pas l’équilibre naturel du vivant. Pourvu que ma mise en garde soit comprise, afin qu’ils modifient en profondeur leurs actions, il n’est peut-être pas trop tard (le temps inventé par les hominis est infime par rapport à notre espace temporel…). Mais je suis à présent dans l’incapacité de faire plus, il me semble être dans une phase de mutation ! Faute du soutien de mes semblables. Je le soutiens, je le répète et je le maintiens : les Entités Secondaires ont failli, elles auraient dû me préserver des affections humaines. Me voilà à présent contaminé. Depuis peu, submergé par un flot de plus en plus dense d’émotions, sondé par un faisceau de sensations étrangères dont je ne parviens plus à me dépêtrer, je crains de ne pouvoir achever ma mission. Je me sens à présent très proche des hommes, je vois ma volonté décliner, aspirée par je ne sais quelle force qu’il possèdent et dont ils usent abondamment. Au demeurant, j’ai progressé dans la connaissance profonde de leur système “limbique”. je sonde dorénavant plus facilement leur esprit, mais j’éprouve une douleur croissante, de plus en plus aigüe chaque fois que je m’en sépare. Je m’emplis malgré moi, jour après jour, de leurs sentiments (qu’il appellent parfois : peines,  joies…). Au commencement, je ne trouvai matière à réflexion qu’auprès d’âmes fragiles, troublées, friables ou fracturées, perdues dans des endroits clos qu’il nomment : asiles, prisons, hôpitaux… En ces lieux J’y découvris des impressions nouvelles pour moi. Des choses terrifiantes comme le silence, l’angoisse et la solitude. Le grand sentiment d’abandon, de vide ; ce que les Humains nomment je crois : désespoir… Établir un parallèle entre cet état et une sensation Gaïenne similaire est quasiment impossible, indicible. Il n’existe pas dans notre mode de pensée un tel désarroi : La seule comparaison qui permettrait à un Gaïen de comprendre, de ressentir un tant soit peu ce qu’éprouvent les Hominis en la circonstance, serait aussi inepte pour eux, aussi effroyable, que d’envisager une rupture de cordon avec la Matrice ! (Et je sais bien que rien que d’y avoir songé me vaudra un gommage….)

Enfin, après quelques centaines de battements de cellules temporelles, j’atteignis la pertinence et parvint à dessiller sans coup férir l’âme de la plupart des humains que je croisais. Ce ne fut pas sans préjudice pour mon conditionnement. Chaque voyage le voyait s’effriter un peu plus. Mais contrairement à mes craintes, si je sentai certains de mes pouvoirs s’amenuiser,  mon âme en contrepartie, loin de sombrer en déliquescence se fortifiait en s’ouvrant à l’Homme. Progressivement, en les pratiquant, en dépensant sans compter mes cellules Gaïennes, j’assimilai leur essence :

Avec eux, j’ai appris par cœur le chant des sirènes qui les accompagnent partout de la naissance à la mort ; j’ai exploré la terre, dérobé le feu ; adressé des prières à des Dieux antédiluviens idiots ; navigué dans les airs et sous les eaux…  

Comme eux, j’ai observé le ciel, la nuit, serrés près du feu, lu dans les étoiles en tremblant. Le jour venu, j’ai attendu la pluie, la bouche emplie de sable.

Pareil à eux, j’ai senti les morsures du corps, les blessures du temps, s’écarquiller mon ventre gonflé et durci par la faim.

Avec eux, sur le pavé des rues, érigé des statues, enfanté des danses barbares, et des bonheurs de courte durée…

Semblable, sur les champs de bataille, tiré des entrailles, écalé les poitrines de guerriers écarlates.

Pour eux, construit, semé, rit, éclaté en sanglots les flots de la naissance, porté le lourd tribut du labeur, creusé en terre la dernière demeure.

En eux, rêvé de régner par le fer et le feu et puis la connaissance.

Lu, bu, et vomi les rêves de puissance…

Comme eux, tout comme eux… fait tout ce qu’il faut pour faire avancer la vie, reculer la mort, n’exister que pour lutter farouchement jusqu’au dernier soupir… Conjurer la fatalité. Pour prendre et donner du souffle aux choses, au delà de l’absurde chercher un sens à la vie, l’essence de la vie…  

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