PARIS LE 10 SEPTEMBRE 2018

Cher ami,

J’ai pris connaissance, hier, de la transcription de la troisième tablette. Le style y est particulièrement soigné, j’allais dire « ampoulé », mais les traducteurs (dans la plupart des langues) assurent s’en tenir au plus près de l’original…  Plutôt que d’y voir  « fatras pittoresque d’élucubrations » comme aurait dit Mounier ; je serais enclin à penser qu’il s’agit peut-être d’une version littéraire, presque poétique, similaire à une épopée de style antique…  La majorité des mythes créateurs des peuples de l’Antiquité (Sumériens, Akkadiens, Égyptiens, Grecs, populations de l’Inde védique et brahmanique, et en dehors de notre civilisation : Aborigènes d’Australie, Amérindiens, Océaniens, peuples du Caucase et de la Sibérie… Font allusion à  des catastrophes de type déluge, fin des temps…)

Ces mythes sont le fondement de nombreuses religions depuis l’animisme : le primitif (qui a commencé par croire à la réalité de ses rêves)Et moi qui suis athée, (dieu merci ! Comme dirait le philosophe de comptoir) je dois admettre qu’il s’agit d’un fait universel. Chez tous les peuples on retrouve des cérémonies, des rites, un culte, des choses, des êtres, des lieux sacrés. Alors serait-il possible que le contenu de ces tablettes révèle une nouvelle épopée de type Gilgamesh ?  L’émergence d’une religion ou d’une secte genre messianique ? L’avenir nous le dira, peut-être…

Cela m’évoque une oeuvre de Hoené Wronski au titre pour le moins pompeux : « Nomothétique messianique ou lois suprêmes du monde ». Il s’agit d’un discours philosophique assez complexe qui ne m’a pas convaincu mais dont je vous livre un extrait : « Le savoir de l’homme est-il assez puissant pour découvrir la vérité ? Peut-il s’élever jusqu’à l’absolu, a ce principe inconditionnel de l’univers, au principe premier et éternel qui porte en lui-même la raison de son existence, et qui subsiste ainsi par lui-même ? Plusieurs milliers d’années de recherches, scientifiques et philosophiques, ont abouti à faire déclarer, sur ce point, l’impuissance de l’homme. Bien plus, cette  impuissance reflète aujourd’hui l’état caractéristique de l’humanité. Non-seulement les simples citoyens, mais les savants, les philosophes même, de nos jours, admettent que la raison de l’homme ne peut soulever le voile qui cache le principe des choses. Ils confient donc, à ce principe inconnu, le soin de leur existence, temporelle voire éternelle ! Ils font donc découler, de cette source inconnue, la haute dignité de la morale ! Is attendent donc de cette lumière inconnue, la clarté dont leur raison sera un jour pénétrée pour devenir enfin digne du nom de raison ! En un mot, ils déclarent ainsi positivement la NULLITÉ ABSOLUE du genre humain. »

Une dernière chose, avant de prendre congé. Bien que ces tablettes soient disséminées de par le monde, les experts ne parviennent pas à se mettre d’accord sur leur datation ! Le carbone 14 n’est pas fiable, les isotopes radio-actifs diffèrent selon les lieux ( elles auraient pu être gravées il y a 6000 ans comme avant hier !).  Leur composition même (roches composées de silice pour la plupart) reste sujette à caution, étrange, n’est-ce pas … 

Amitiés 

Y. Givas

Troisième tablette, retrouvée sur l’île de Kita Daitô (Japon), Traduction approximative … (en idéogrammes mais de forme  « hanzi » chinois et non en « kanji » japonais !)

Mes premières tentatives d’attraction d’esprits Hominis ont échoué. Par manque d’expérience, sans doute, mais j’apprends vite. Je poursuis ma quête dans l’espoir de les aider à s’amender, à prendre garde avant qu’il ne soit trop tard pour eux… Gaïa-Mum à déjà commencé, bien sûr, pour défendre le GRAND TOUT, de faire fondre les glaces libérant à la surface une infinité de virus enfouis depuis des milliers de cellules temporelles et dont certains sont à même de supprimer les hominis…  

Je ne désespère pas de convaincre ces derniers de s’amender, d’aider ces êtres à se tirer du marasme dans lesquel ils vont être irrémédiablement plongés. D’atténuer cette sentence qui est dûe en grande partie à leur inconscience… Mais pour se faire, il me faut atteindre les « esprits les plus ouverts » de ces hominis afin qu’ils mettent en garde leur espèce toute entière et agissent en harmonie avec le GRAND TOUT…

 Durant trois battements de cellule temporelle, (environ quinze mois en temps hominis…) j’ai frôlé des âmes mortes, des âmes damnées, des âmes animales banales ou floues, des tas d’états d’âmes en piteux état : “Anima et Animus” dénuées d’intuition, sans couleur, ni timbre… Enfin, à l’aube du quatrième battement temporel, je parvins à saisir un trait de lumière bleue dans un esprit “Bâlya” (stade de développement que les humains nomment communément enfance…)

– Il me laissa entrer. Je ne perçus au prime abord aucune manifestation de ces ondes explosives susceptible d’interdire ou de perturber notre commune union, notre symbiose ; au contraire, la sensation me parut limpide, lisse et salée, comme en Matrice mais en plus diluée… Lorsque le petit être m’a accueilli, il était affairé à goûter les phrases d’un ruisseau. Enlaçant un rocher de ses bras, l’oreille collée à la pierre : il me susurra l’eau, je lui murmurai mer, il me souffla le vent, je lui chantai l’oiseau… Nous sommes restés ainsi, longtemps en harmoniques, je ne sais plus le temps que nous sommes restés… Plus tard, quelque chose a déchiré la trame, quelqu’un a terni l’aura. Alors, je dus quitter l’enfant, me séparer de son âme avec mille précautions pour ne pas l’abîmer.

L’Esprit responsable de notre séparation : que j’ai perçu comme une gluance laiteuse, chagrin, d’une compassion* écœurante, s’est emparé brutalement de l’enfant “qui voyait en dedans” lui déclarant :  << Viens petite, il faut rentrer maintenant, il fait froid ! >>. Petite a suivi l’Esprit Responsable, docilement, mais son regard resta perdu, soudain opacifié, suspendu entre nos deux existences, sur le fil qui nous tenait pacifié à jamais…

Cette fièvre douce dont Petite m’a fait don et qui, depuis lors, m’accompagne partout s’appelle  :  “chaleur Humaine

*1 – Au moment où je transmets, je parviens plus aisément à décoder le langage Hominis, je perçois mieux les nuances de ce que les Humains nomment : sentiments…- 

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  À SUIVRE…

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