Depuis quelque temps, j’ai un nouveau locataire dans mon humble demeure. Jusqu’ici, il était pas chiant, il vaquait à ses mystérieuses affaires dans des recoins inexplorés et inconnus de moi, dormait sur mon canapé, se laissait câliner et refusait de quitter ma main quand je voulais le reposer. Peu reconnaissant, il ne me paie aucun loyer, contrairement à la taupe Augraphie de Jannin. Vous l’aurez sans doute deviné, il n’y a qu’un grillon pour être aussi culotté. Il me rappelle son congénère Jiminy qui a enchanté mon confinement il y a quelques mois, aussi l’ai-je très finement baptisé Jiminy 2. La preuve que je ne suis pas si prévisible qu’on le croit.

Hier matin, je me lève, repousse la couette et la couverture polaire (je coupe le chauffage pour la nuit), et je découvre ce petit mollusque confortablement installé en plein milieu du lit. Ce qui veut dire qu’il a dormi tout contre moi. De plus, il n’a pas eu l’air d’apprécier que je le réveille, pincez-moi, je dois être encore dans les vapes. Je vais être obligé de lui rappeler les trois immenses chances dont il a bénéficié durant cette nuit :

1 : quand je dors, je ne bouge pas d’un poil (aidé en cela par le fait que je ne suis pas velu). Oui, une chose à la fois, hein, moi faut pas me bousculer : ou je dors, ou je bouge.

2 : je ne pète pas au lit.

3 : j’ai le plus grand respect pour mes amis à six et à huit pattes, ce qui m’a empêché de le reconduire à la sortie à grands coups de pompes dans le patapoum.

Depuis, ce petit con m’oblige à virer et à examiner tout mon couchage matin et soir afin de vérifier qu’il ne s’est pas installé pour la nuit. Inutile de dire que si ce malotru se permet à nouveau ce genre de privauté, il va connaître la recette du grillon cajun, en tant qu’ingrédient.

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