La Quille !

Eh oui, 2020 fut une année bien curieuse, spéciale à bien des points de vues, et pour moi dense, très dense.

Elle se termine bientôt, et avec elle se termine mon activité professionnelle : au 31 décembre 2020 je partirai et j’irai grossir ce tas de retraités qui coûte si cher à l’État :-).

Quelques jours de congés restant pour me permettre de rendre mes clefs dès le 23 décembre. Entre vacances scolaires et télétravail, les couloirs de la Direction sont assez déserts en cette fin de mois de décembre. J’y erre un peu, papotte à droite à gauche, vais saluer une dernière fois ceux qui sont là, retarde le moment de trier, jeter, ranger tout ce qui est accumulé depuis… décembre 1993.

J’aurais voulu dire au revoir à tous mes collègues et à chacun d’eux en particulier ; je suis frustrée de ne pouvoir  faire « un pot de départ », classique et rieur, auquel j’aurais invité toute la Direction et les récents retraités – sauf, je l’avoue, les irréductibles spécimens qui ont joué spécialement dans la cours conflictuelle et hypocrite – quitte à entendre un discours de circonstance qui me mettrait mal à l’aise et à en prononcer un petit timide en retour…

Oui mais, le système de répression covidien rend les choses difficiles, voire impossibles, vous en conviendrez, et, décembre n’étant pas propice aux piques-niques, tous entassés dans une salle à siroter des bulles tout en restant masqués puisque entassés, à plonger nos doigts à tour de rôle dans des bols pleins de grougniettes*, et, au moment ultime du départ de chacun, à se biser des yeux seulement faute de mieux. Non, le coeur n’y est pas tout à fait.

Alors j’en ai pris mon parti, me suis supprimé de l’esprit l’idée des au-revoir en grand, et gardé l’espoir qu’au moins je trinquerai avec mes collègues de l’EAU, 13 personnes avec moi-même, c’est l’idéal, non ? Ou un restau sur une immense table, avec ceux-là uniquement, plus tard ?…

Mais avant d’éventuellement  concrétiser tout cela, ce mardi matin du 1er décembre, encore dans la nuit, j’arrive au boulot, seule, matinale comme presque tous les matins.

Des papiers d’écriture et dessins étaient collés sur la porte de mon bureau … genre, « avenue de la retraite tranquille… » ou « lieu-dit le tranquiloubilou… ». Je souris en me rappelant de suite que mes collègues sont très facétieux, et avenants.

Puis je pousse la porte et entre en allumant.

Surprise, et la gorge qui se serre, et l’oeil qui picote, et la bouche qui s’étire en un rire solitaire et silencieux ; grande émotion donc !

Les 13 moins l’une que je suis s’étaient concertés, avaient comploté dans mon dos, et ils avaient concocté un calendrier de l’Avent – retraite – tout spécialement en mon honneur. Fabriquée puis disposée sur le mur, une guirlande  de petits paquets d’apparence tous pareils, numérotés de 1 à 24, du 1er décembre au 24 décembre, agrémentée de photos de moi prises ça et là au gré du boulot de ces dernières années, et parsemés de bons vœux et de ritournelles.

Dans chaque paquet, un cadeau de l’un(e) ou l’autre, des petites choses à déguster, pour jouer, pour se cocooner … ; des petites choses faites maison ou achetées ; des petites choses qui font plaisir, des attentions.

Mon tout premier calendrier de l’avent ! A mon âge ! Rhôôô ! La Chance !

Trop matinale, personne n’a pu voir la tête que j’avais à l’instant même de la découverte, ahurie, mais je suppose que tous ont pu l’imaginée. Et puis, intimidée, j’attendis le premier collègue pour ôter le premier sachet de la corde, l’ouvrir  et découvrir le premier présent. Il a pu ainsi être immortalisé.

J’eus l’ordre bien évidemment de n’en ouvrir qu’un seul par jour … Quelle patience il faut quand on se retrouve un peu enfant, exaltée par le chemin de la découverte au jour le jour  🙂 ! Selon les présences et absences de chacun (télétravail oblige) plusieurs photos ont été faites lors des ouvertures, non de plis, mais de sachets.

C’est ainsi que j’ai reçu au fil de mes dernières journées ce que vous découvrirez au fil de ce diaporama, après un petit clic sur la musique :

C'est la fête, la retraite !

par chanté par Blanche

Ah, qu’est-ce que j’ai eu encore, j’ai eu « le plus beau de tous les cadeaux », j’ai eu une superbe et sympathique année 2020 et je vais regretter toutes ces belles personnes qui l’ont faite.

Je suis émue

Pour tout ça, merci.

Merci Alexis, Annabelle, Blanche, Elisabeth, Florence, Floriane, Jean-Pierre, Julien, Maggy, Steeven, Valentin, Yoann.

Puis, alors qu’une réunion de service était programmée, en présentiel, mi décembre, dans une immense salle où nous pouvions avoir chacun nos 8 m² requis, je proposais un pot clandestin à son issue. Naïve que je suis encore à mon âge, et à fond dans une sorte de chagrin latent, je n’imaginais pas que c’était encore un coup fourré !!! Enfin presque car nous avons quand même travaillé durant 2 h 30, ben oui !

Une préméditation à me faire pleurer d’émotion et de plaisir, avec des mots doux et amicaux, une chanson rien que pour moi, des diaporamas, des montages, des quizzz photographiques, des rétrospectives, des cadeaux encore, des mots, des attentions… Oh là là ! des larmes aussi

Buvons alors, et imprimons cela dans la mémoire bonne !

Merci vous tous, vous allez me manquer …

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