En rayons

En ce 22 septembre de l’an 2017, alors que décline sur l’hémisphère nord de la Terre la lumière du Soleil, voici que point L’Espricerie.

Ta ta tiiinnn !!!

Voilà, le ton est donné.
Mon ton.
Le ton des autres, allez le découvrir, sur leur page.

Je suis musicien.
Mon premier contact avec la musique – je dis bien contact, parce que comme je vais vous l’expliquer, c’est au niveau physique que ça se passe – doit de situer quand j’avais 4 ou 5 ans, pas plus. C’est l’un de mes premiers souvenirs d’enfant clairs. Les circonstances précises de l’événement, elles, ne me sont pas remontées aussi clairement.

Je me souviens d’un jeune homme, un ami de la famille qui m’a prêté son harmonica. Lorsque j’ai soufflé dedans, ce n’est pas tant le son que j’ai perçu : la vibration s’est transmise par mes lèvres à tout mon corps et c’était une sensation très agréable, complètement nouvelle. J’ai dû recommencer mais les suivants n’ont pas eu la force de ce premier contact.
Ma seconde expérience sonore, je devais avoir une dizaine d’années, c’était encore chez des amis. Ce copain m’a conduit dans un grenier aménagé où se trouvait un piano. Son frère nous accompagnait. Je n’avais jamais vu de piano de près, je n’avais jamais eu l’occasion d’approcher un clavier et la possibilité d’en toucher un. De voir « comment ça marche » m’a littéralement sidéré.
Mais mon copain et son petit frère n’étaient pas interdits comme moi, bien au contraire. Ils ont commencé à enfoncer les touches au hasard, ont fait un quatre mains bruyant en imitant des instrumentistes virtuoses. C’était vraiment du bruit mais j’ai repéré les notes basses. Quand ils se sont éloignés, lassés de ce jeu et courant déjà vers un autre, je me suis approché du clavier avec une sorte d’appréhension. J’ai enfoncé une touche sur la gauche du clavier. C’était la même sensation qu’avec l’harmonica avec en plus cette impression de pénétrer à l’intérieur de l’instrument, d’être dans le son.
Aujourd’hui que je peux mieux analyser et mettre des mots sur mes sentiments (quoique…), je peux dire que le son me « parlait », s’adressait à moi, me touchait, au sens propre, tactilement et au sens figuré, émotionnellement.

Dans ce moment, avant que mon copain revienne pour me traîner vers un autre jeu, c’est la première fois que j’ai ressenti être dans une bulle.

Cette bulle, elle m’entoure quand j’écris ou quand je joue ; absent pour mon entourage, anesthésié aux événements. Et justement, j’ai besoin alors d’être environné pour être vraiment dans la bulle.
Pour créer, j’ai besoin des autres.

Comme le son, vous vibrez et vous résonnez en moi.
Enfin, vous le pourriez si on se rencontrait ou si nous avions un échange.
Comme par exemple avec ces quelques femmes, jeunes et moins jeunes, qui m’ont fait l’amitié de me confier des textes. Je les ai mis en musique.
A chaque fois, c’est une sensation comparable à mes expériences d’enfant que j’ai eue. Les mots, les thèmes ont résonné en moi et les mélodies, l’harmonisation sont venues leur répondre.
J’aime ce que j’ai fait.
Mais je vous préviens : je ne suis pas un instrumentiste, très limité que je suis par mon tempérament d’autodidacte irrécupérable. Et puis j’ai peu d’intérêt pour la tendance, ce qui fait de moi un musicien de variété.

J’ai bien peur que tout ceci ne vous donne pas trop envie d’aller écouter…

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