Pour arriver en Alsace nous sommes passés par Nancy … Du côté de chez Stan …
C’est ainsi que les gens du cru définissent la place. Ah ! Stan, dernier duc de Lorraine. Stanislas, une vie d’exil et de voyages qui trouve à partir de 1737 au château de Lunéville la possibilité de finir sa vie paisiblement.
Né le 20 octobre 1677 en Ukraine. Bien éduqué, féru de sciences, de mathématiques, de littérature et delangues. Il voyage en Europe. Il épouse en 1698 Catherine Opalinska. Élu roi de Pologne en 1704, il est viré du trône en 1709.
Il erre et ne retrouve la notoriété qu’avec le mariage de sa fille Marie Lezsczynska avec le roi de France Louis XV en 1725. Devenant ainsi le beau-père du roi de France, il est choisi par ce dernier pour devenir en 1737 le nouveau duc de Lorraine. Sans pouvoir, il l soutient le développement des arts. Grâce à l’architecte Emmanuel Héré, il fonde la place Stanislas.
En février 1766, il est gravement brûlé par sa robe de chambre qui prend feu au contact de la cheminée. Il meurt le 23 février 1766.

A sa mort la Lorraine devient totalement française.

Annecdote :
Stanislas avait un nain. : Nicolas Ferry qui naît le 11 novembre 1741 dans une famille de montagnards des Vosges.
(À La Plaine, tout près d’où nous étions hébergés…)
il mesure 19 centimètres et pèse 612 grammes. Il est si minuscule que ses parents le font dormir dans un sabot. Sa bouche est trop petite pour que sa mère l’allaite, c’est pourquoi il tète une petite chèvre qui lui sert de nourrice. Stanislas en entend parler et veut voir cet enfant extraordinaire. À cinq ans Nicolas , mesure 38 cm et pèse 6 kg. Ses parents l’emmènent donc à Lunéville . Le roi est tellement enchanté de voir ce petit bonhomme qu’il demande au père de Nicolas de le lui confier, contre une belle somme, pour l’éduquer et lui tenir compagnie dans son château de Lunéville.
Il l’habille comme un prince, lui fait construire une calèche et une maison à sa taille. Transplanté à la Cour, le garçonnet qui ne parle pas le français, réclame sa chèvre en répétant avec obstination cette onomatopée (bébé). c’est un mot du dialecte vosgien, « jouet » se disant « bébé ».
A six ans Nicolas, est farceur et profite de sa petite taille pour se cacher partout. Il joue à cache-cache avec le roi qui s’inquiète de sa disparition. Bébé aime aussi se cacher dans les jupes des dames qui craignent de l’écraser en lui marchant dessus.
Il a de nombreux défauts : il est entêté, coléreux, paresseux, jaloux, gourmand etc …

Il n’apprend ni à lire ni à écrire. Mais Stanislas, trouve cela amusant.
En 1759, une cousine polonaise du roi Stanislas vient séjourner à Lunéville. Elle est accompagnée par son nain appelé Joujou.
Il est un peu plus âgé que Bébé, mais ne mesure que 71 cm alors que Nicolas en fait 74. Cela rend Bébé très jaloux. Il ne supporte pas que le roi Stanislas parle de l’intelligence et des bonnes manières de Joujou et déplore sa sottise de Bébé
Se trouvant seul avec Joujou près de la cheminée, Nicolas Bébé le prend traîtreusement à la taille et essaie de le jeter dans le feu .

Alerté par les cris et le bruit, Stanislas intervient à temps pour sauver Joujou .
À 18 ans, il mesure 89 centimètres. Stanislas veut marier Bébé à une naine vosgienne nommée Thérèse de Sauvay. Mais Bébé qui n’a que vingt ans,semble déjà sénile . Il se voûte, se rabougrit. Selon un témoin, « la puberté produisit sur les organes de la génération un trop grand effet qui causa le dépérissement du reste du corps ». I Qui plus est, il manifeste un caractère de cochon à en devenir méchant.
On le surnomme « le nain Jaune » et léguera son surnom à un jeu célèbre.
Le 8 juin 1764, à 23 ans, il meurt d’une grippe, dans les bras de sa mère, appelée par Stanislas.
Nicolas Ferry Musée de Luneville
Oui, carte postales convenues, mais intéressantes… (si, si !)
Un véritable joyau, dehors comme dedans …
À propos de l’horloge astronomique ( EXTRAITS) :
Elle indique l’heure publique ou heure légale (aiguilles argentées) et heure solaire locale de Strasbourg (aiguilles dorées) qui retarde d’une demi-heure sur l’heure légale. Toutes les indications astronomiques et les sonneries de l’horloge sont réglées sur l’heure locale. La partie centrale est le calendrier circulaire qui est perpétuel, intègre automatiquement le jour bissextile et toutes les fêtes mobiles, y compris le calcul de la date de Pâques effectué dans la nuit de la Saint-Sylvestre par le comput ecclésiastique situé à gauche . La partie centrale montre aussi les positions du Soleil et de la Lune dans le ciel à Strasbourg et reproduit toutes les éclipses de Soleil et de Lune. À droite lui sont associées les équations solaires et lunaires . Au dessus défilent les chars des jours de la semaine. Sur le devant se trouve une sphère céleste donnant la position des étoiles vues de Strasbourg et dont un des rouages tourne en 25806 ans. Enhaut sont montrées les positions des planètes autour du Soleil et les phases de la Lune.
La partie supérieure est consacrée aux automates qui se mettent en mouvement à 12h30. Sur un étage les quatre âges de la vie défilent devant la mort, symbolisant l’effet du temps sur l’homme ; sur l’étage supérieur, les douze apôtres défilent devant leur Maître, le Christ, qui les bénit, alors même qu’il est Douze heures. Au dessus, le chant du coq rappelle, par trois, fois le reniement de l’apôtre Pierre.

AVEZ-VOUS COMPRIS ? MOI PAS ….
1906 : Ah, le Mont Louise ! lieu charmant de villégiature pour la bourgeoisie Strasbourgeoise : sports d’hiver et promenades.
1940 : Un géologue SS Blumberg découvre un filon de granit rose au Struthof (idéal pour se faire bien voir du fuhrer,

que de monuments sculptures à sa gloire pourraient être faites avec un tel matériau …)
Une route et un camp seront construits par des déportés avec des outils inadaptés…
En 4 ans, 52000 ÊTRES HUMAINS de 32 nationalités différentes passeront par le K.L. NATZWEILLER : Politiques, juifs, NN (homosexuels) tziganes bref des humains de toutes conditions, couleurs ou opinions…
Hélas ! Le granit est impropre à la sculpture ! Qu’importe, les détenus vont devoir continuer à extraire afin de faire des escaliers dans le camp ( en pente…). Ces escaliers deviendrons une source de douleur supplémentaire pour les déportés sous alimentés, épuisés qui seront contraints des les emprunter en permanence à moins qu’il n’empruntent tout au long du jour la descente, puis la montée du « RAVIN DE LA MORT » en poussant des brouettes remplies de pierres en lisière d’un barbelé situé en bordure à 30 cm du sol… Celui qui trébuche, ou qui est poussé exprès par un Kapo, se voit tué par le SS du mirador le plus proche . Il s’agit d’une tentative d’évasion. Le Kapo sera récompensé avec un peu de nourriture et le SS aura un ou deux jours de permission…
Je cesse là. Pour connaître dans le détail cette entreprise démente élaborée scientifiquement, jusque dans le moindre détail, par des esprit sadiques (je vous enjoins de consulter le site officiel du STRUTHOF… : http://www.struthof.fr/home/
Seul camp de concentration sur le territoire français (annexé par les nazis), il n’était pas voué à l’extermination comme Dachau par exemple. C’était un camp expérimental de déshumanisation. Pas de tatouage, juste un matricule que les déportés devaient apprendre et restituer en allemand durant les appels qui pouvaient durer jusqu’à 6 heures, gare à ceux qui oubliaient, ils étaient pendus sur le champ devant leurs compagnons d’infortune. Un lieu impensable d’humiliation, de privation extrême, de sévices et tortures diverses, d’expériences de vivisection ((pour les « collections personnelles » d’hommes de sciences du régime nazi)
.
Ravin de la mort dessin d’un des rares survivants
POUR SOUFFLER UN PEU, de la détente à Obernai et une rando magnifique dans la forêt autour du Mont Sainte Odile .
Autour de la vallée de la bruche et du col du Donon, beaucoup de lieux magiques.
Le Donon était un lieu de culte Celtes consacré au Dieu Cerf. Les Gallo-Romains, quant à eux, le dédient à Teutatès . (variante de Toutatis.) Le sens est « père de la tribu, de la nation », c’est le dieu protecteur d’une communauté et de son territoire, Par la suite il deviendra Mercure. De ces vestiges, saccagés au fil des siècles, il ne reste rien,.
Au Moyen Âge les populations se regroupaient pour se livrer à des cultes paiens.
Au XIXème siècle, Léopold Hugo père du romancier Victor Hugo, affirme dans une lettre, que son fils aurait été conçu au sommet du Donon. Une plaque gravée, rappelant ce fait, se trouve apposée sur une roche du sommet :
« En ce lieu le V floréal An IX fut conçu Victor Hugo ».
En 1869, à la demande de Napoléon III, le sommet accueille un bâtiment imitant un temple gréco-romain. Cette œuvre de l’architecte colmarien Louis-Michel Boltz sert d’abri aux diverses trouvailles archéologiques.

La table d’orientation installée en 1884 permet de contempler le panorama vosgien.
Durant la guerre 14/18 Le Donon a été occupé par l’Armée française . 400 victimes ont été dénombrées à l’occasion des combats.
Emprunter le chemin des passeurs 14 km avec un bon dénivelé !
« Dès juin 1940, l’Alsace est annexée par les Allemands. Ils rétablissent alors l’ancienne frontière de 1871. Elle passe sur la ligne des crêtes comme l’actuelle limite départementale séparant les Vosges du Bas-Rhin. Cette frontière représentait pour les prisonniers évadés, les déserteurs et les réfractaires ,la limite à franchir pour quitter l’Alsace administrée pas les allemands et pour accéder à la liberté. Ils étaient aidés, sur toute la crête des Vosges, par des passeurs.« 
Pour finir une visite au mémorial de shirmeck . Fort bien fait et à même de sensibiliser même nos ados les plus blasés …

DES FAITS HISTORIQUES DONT JE N’AVAIS JAMAIS ENTENDU PARLER (ni en primaire ni au collège !)
 » Conformément aux dispositions prévues, les communes situées la long de la frontière sont évacuées en deux vagues :
(une première en septembre 1939, puis une seconde en mai 1940).
Dès la mobilisation générale, le plan d’évacuation préparé par les autorités militaires et envoyé sous pli cacheté est dévoilé aux maires des communes donnant le signal de l’opération « Exécutez Pas-de-Calais » (nom de code de l’évacuation).
Les maires découvrent l’itinéraire à suivre, les feuilles de cantonnement pour chaque famille, le nom des membres des commissions de sauvegarde chargés de rester sur place et de veiller sur les biens des évacués.
Les 2 et 3 septembre, 374 000 Alsaciens quittent leur domicile pour les départements du Gers, des Landes et du Lot-et-Garonne pour les Haut-Rhinois, de la Dordogne, l’Indre et la Haute-Vienne pour les Bas-Rhinois.
(Certaine familles seront également hébergées dans la Drôme.)

Ah, j’allais oublier Pour qui s’intéresse à la pédagogie, en 1769 un visionnaire, Jean Frédéric Oberlin invente une méthode pédagogique : … Précurseur de Montessori et Freinet, il permet l’éducation des enfants d’une communauté de villages dans une époque où ces derniers pour la plupart alnalphabètes travaillaient dès l’âge de 7 ou 8 ans en moyenne = > (http://www.musee-oberlin.com)

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